Utiliser l'IA dans une démarche créative en étant responsable
Ne pas laisser l'IA devenir le maître du jeu
Avant de solliciter le modèle, le créateur formule ce qu’il cherche à exprimer, les contraintes qu’il choisit, les décisions qu’il ne délègue pas et le rôle exact confié à l’IA : exploration, variation, critique, mise en forme, recherche d’alternatives ou exécution partielle. L'IA ouvre la porte à l'expérimentation mais conserver son intention de départ au cours de son utilisation, se rappeler dans quel but précis on l'utilise permet de rester le maître du jeu.
Ne pas lui demander de penser à notre place
L'IA ne réfléchit pas, elle effectue certains calculs d'où sortent des probabilités. Elle peut être utilisée comme une machine à explorer des possibilités. Elle n’a ni intention personnelle, ni expérience vécue, ni responsabilité sur les choix qu’elle propose. Finalement, elle ne sait pas ce qu'est une bonne idée parce qu'une bonne idée n'est pas qu'une histoire de calcul et de raisonnement. C'est à l'humain de faire le tri en permanence, de réfléchir à ce qui mérite d'être conservé, transformé ou rejeté.
Ne pas l'utiliser comme une béquille
Quand un dessin est fait par un humain et non par une machine, cela se voit. Un texte écrit par une IA se reconnaît aussi. Si l'IA est utilisée comme une béquille pour dessiner ou pour écrire elle donne un résultat médiocre. Il faut savoir penser sans elle, écrire sans elle, dessiner sans elle, ce qui permet de réfléchir sa propre expérience humaine et de construire une oeuvre personnelle. Une béquille compense une difficulté. Mais la difficulté fait partie intégrante du travail de créateur. L'IA ne doit pas être utilisée pour alléger le travail de celui-ci mais pour ouvrir de nouvelles pistes.
Conserver et cultiver son savoir-faire
Avant de solliciter l'IA pour réaliser une tâche il faut penser aux conséquences que peut avoir le fait de ne pas réaliser soi-même cette tâche. Le fait de déléguer systématiquement une tâche à une IA peut contribuer à affaiblir la compétence d'un auteur. Un savoir-faire doit être pratiqué régulièrement ce qui permet d'en conserver la pleine maîtrise.
L'IA critique assez mal les oeuvres et les idées parce qu'elle tend à les normaliser
Il est essentiel de tenir compte du fait que, dans le domaine cognitif, l'IA peut s'avérer contre productive pour diverses tâches. Par exemple, utiliser l'IA comme critique ou contradicteur de son propre travail peut être intéressant dans certains cas. Mais, dans d'autres cas, cette critique peut être mauvaise ou erronée, ce qui peut entraîner alors l'auteur en erreur.
Placer le plaisir, la curiosité et l'expérimentation au centre
Créer ne consiste pas seulement à produire un résultat. La curiosité, le plaisir et l’expérimentation permettent d’explorer des pistes inattendues, de découvrir de nouvelles manières de travailler, de découvrir les possibilités et les limites des outils que l’on utilise. Le plaisir facilite la mémorisation, il crée de la confiance, il rend plus créatif.
Les droits, licences et consentements
Le fait qu’un texte, une image ou une photographie soit accessible sous forme numérique ne signifie pas qu’il puisse être utilisé librement. Lorsqu’un créateur fournit à une IA un contenu qui n’est pas le sien, il doit connaître son origine et vérifier les droits associés à son utilisation. Cette vigilance concerne notamment les œuvres protégées, les images, les textes et les contenus appartenant à d’autres personnes.
Transparence
Les oeuvres générées à l'aide de l'IA doivent pouvoir être identifiées en tant que telles.
Le fait de parler de "BD-IA" plutôt que d'utiliser le terme générique "BD" permet de distinguer les deux. La transparence ne diminue pas la valeur d’une œuvre. Elle permet de comprendre comment une œuvre a été réalisée et évite de présenter une création générée par IA comme un oeuvre produite selon un processus traditionnel.
Traçabilité, contributions humaines
Lorsque la créativité humaine et l'originalité sont démontrables dans une BD-IA, les contributions humaines doivent être reconnus. Il est recommandé d'utiliser une traçabilité à deux niveaux : une fiche de traçabilité interne (pour indiquer les principaux inputs, étapes humaines et autorisations) et une divulgation publique concise. Cette traçabilité permet de mieux reconnaître la contribution du créateur et de comprendre comment l’œuvre a réellement été construite.
Sobriété
Chaque génération d'image ou de texte mobilise des ressources informatiques et consomme de l’énergie. Utiliser l’IA de manière responsable signifie donc aussi éviter les générations inutiles et réfléchir avant de lancer une requête.
10 bonnes pratiques pour utiliser l'IA dans le domaine artistique et l'écriture
Parce que le but n'est pas de faire de l'IA un assistant qui réfléchit ou prend des décisions à notre place, j'ai rédigé 10 bonnes pratiques autour de son adoption dans des domaines créatifs, principalement les arts visuels - la BD en particulier - et l'écriture.
Méthodologie : pour réaliser ce guide, j'ai commencé par rédiger mes propres bonnes pratiques sans l'aide de l'IA.
Dans un second temps, j'ai lancé une recherche approfondie à l'aide de Chat GPT.
Le prompt utilisé :
Fais une recherche approfondie afin de savoir quelles sont les bonnes pratiques chez celles et ceux qui utilisent l'IA dans des domaines créatifs, principalement les arts visuels et l'écriture.
Mon but est de proposer 10 bonnes pratiques.
Tu dois prendre en compte plusieurs aspects afin de produire cette synthèse : questions éthiques, légalité, écologie, intelligence humaine (cognition), philosophie.
Le résultat ainsi que les sources interrogées sont à retrouver ici.
Après lecture de ce document, j'ai précisé certaines idées et mieux rédigé des choses que j'avais écrit. Pour les bonnes pratiques 7, 9 et 10, j'ai repris littéralement certains passages de cette synthèse (droit, traçabilité, sobriété).
© 2026 Pascal Michelet
